"Je n’attends plus rien, alors je vais couper court. Voir si je trouve une porte de sortie. Merci de votre attention, merci encore."


"Alors pourquoi le spectre du mort s’imprime-t-il sur le film ? La violence du choc ? Elle créerait une interzone ? Et les fantômes, ils prennent des vacances sur leur lieu de mort ?"


"Mon amour, ma haine, c’est tout ce qu’il me restait. A volonté, à portée de main, une énergie gratuite et sans limite. Je n'éprouve aucune haine contre celui qui nous a détruits. J’en suis incapable. Je pensais en être guéri"


"Gros plan. Ne pas gêner le travail des sauveteurs. Faire corps. Nous faisons le même métier. Plan fixe. Ils peinent à sortir une jeune femme. Elle gémit. Mes larmes. Elles coulent."


"Le soleil cherche à transpercer le décor. Comme un étranger en son propre pays. Ma place n’est nulle part"


"Et je gratte le sol avec les ongles. Et je me demande si je peux descendre encore plus bas. Pour m’enterrer vivant"


"La vraie punition c’est de nous donner la possibilité de laisser libre court à notre folie, à nos angoisses, à nos délires... Il n’y a ici aucune privation de liberté. Tout au contraire. C’est un gouffre de liberté. Je vais bien, je vais mieux, je vais sortir et je vais revenir au grand jour dans le parc humain"


"C’est des conneries tout ca. Regarde où je me trouve là. Regarde où tu te trouves là. Devant ton écran au lieu de vivre. La liberté c’est prendre chaque instant en sachant précisément que c’est le dernier. C’est lever la tête et prendre la mort à bras le corps car justement tout est foutu d’avance et qu’il y une immense probabilité pour que ta vie ne laisse aucune trace dans aucune mémoire. Dans rien ! Tu m’entends ? Pilule bleue ? Pilule rouge ? La pilule bleue du lent suicide au xanax, du bleu rayonnant de ton écran télé ou de ton profil facebook. Ou la pilule rouge du dieu mars, mener la guerre en soi et contre le monde. Continuer à se battre alors même que l’on a déjà un pied en enfer et que l’on a déjà perdu."


"Alors qu’est c’que j’dois faire de plus ? Hein ? Pas l’droit de mettre un pied dehors. Le couloir y’a que des dingues. Des p’tains de paumés. T’l’as vu celui là bordel ? Le mec avec son sac à caca. J’vais vraiment finir par craquer. Il chie dans le couloir et après i’ amasse la merde dans son sac ! La maison du caca. T’as pas une bière. Un pétard. J’peux r’prendre un cacheton. Quoi ? T’veux quoi ? T’enregistres là au moins ? Tu les envois mes messages espèce de fils ed’pute ? Dis-donc j’peux vraiment t’faire confiance ? Ouais comme si. Si j’pouvais te faire confiance tu m’emmènerais là dehors en douce on irait (son intraduisible)"


"Je devais avoir des projets avant de tomber ici. Si vous avez quelques notes concernant qui je suis et ce que je projetai de faire. Je suis preneur. Laissez un commentaire, la rédaction fera suivre"


"A qui le dis-tu ma chère Françine. Depuis quand le soleil a-t-il décidé de ne plus se lever sur mes nuits ? ... Et si le prochain prospectus pouvait m’annoncer qu’il existe une vie pendant la vie."


"Le vieux docteur masochiste est formel. Le propriétaire tortionnaire n’est pas un tueur. Et encore moins un tueur d’handicapés. Et il n’y a aucun cadavre d’enterré à la cave. Si les journaux n’en parlent pas, c’est que c’est vrai."


" Le sol est nickel, pas de trace, il est comme neuf. Il est comme neuf ! Vous m’entendez !!! C’est pas possible, il l’a découpé, vous m’entendez ? Il l’a découpé et il a cassé la dalle ! Il l’a enterré en petits morceaux et il a refait la dalle à neuf, vous n’allez pas me croire. C’est pour ça qu’il a explosé son budget bricolage ! Il faut que l’on vérifie tout de suite, il faut casser cette dalle ! Tout de suite ! J’appelle le propriétaire tout de suite."


"Et pour ce site où vous écrivez, on ne sait pas trop où il se situe au niveau politique. C’est suspect. La preuve, regardez où cela vous mène, renchérit-elle. Elle ne devrait pas s’occuper de ce genre de choses, c’est à vous de faire le bon choix, conclut-elle. Je suis d’accord."


"Du béton, du métal, du plastique, du néon. Malgré tout, le printemps démarre, la nature est en rut. Des familles entières se pressent à l’inauguration d’une nouvelle enseigne sur un parking décoré de quelques bribes de végétaux disposés çà et là par un paysagiste négligeant."


"Le spam, la petite phrase répétée, le petit commentaire, la polémique quotidienne, le communiqué d’un collectif subventionné en réaction à un dérapage, la nouvelle forme du discours politique, la petite idée reproductible sans contrôle à travers tous les réseaux et dans tous terminaux disponibles comme une cellule cancéreuse. Le spam, c’est un écho, un mensonge de fond en position overdrive, une accumulation qui entretient l’illusion de débat."


"Zombie. Je rencontre une déesse au coin de la piste de danse. Ses mouvements aériens, une chorégraphie panthéistes, mes lèvres bougent toutes seules, récitent une prière. SUCK ME I’M FAMOUS / KLUBB€R$ / SUCK ME I’M FAMOUS / ... Sa petite sœur distribue des sucettes, elle prépare un show sexy avec des arlequins, ils portent des masques de tueurs en série. Zombie."


"Ils rigolent. Ils attendent. Que l’temps passe - que jeunesse s’fasse - comme i’ disent les vieux - qu’ils me lancent, comme s’il y avait encore quelque chose à faire ici, à part se défoncer la tête au shit mal coupé et tenter de perdre son pucelage à l’arrière d’une Seat Ibiza."


Comme un trisomique sous amphétamine